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Douleurs, les vertus de la bouillotte

Bouillotte UFC Que Choisir Ariège Comminges

La bouillotte de notre grand-mère ne sert pas seulement à nous réchauffer les pieds en hiver. Elle est une alliée contre les douleurs du quotidien.

 Pourquoi utiliser une bouillotte ?

Les températures comprises entre 40 °C et 45 °C sont considérées comme thérapeutiques. Elles provoquent une dilatation des vaisseaux, ce qui augmente le flux sanguin. Elles soulagent :

  • les torticolis, lumbagos, contractures, etc. La chaleur atténue les tensions musculaires, causes de ces maux. Une étude a montré que l’association de la chaleur et d’un antidouleur soulage davantage les maux de dos que le médicament seul (1) ;
  • les douleurs d’arthrose. Appliquer du chaud sur les articulations touchées peut soulager la raideur et la sensibilité. Dans certains cas (douleur aiguë, enflure), appliquer du froid offre un meilleur soulagement ;
  • les maux de ventre. La chaleur a un effet anti­spasmodique. La bouillotte est aussi efficace qu’un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène…) pour atténuer les douleurs menstruelles (2).

 

Chaud devant !

La chaleur réconfortante de la bouillotte ne doit pas occulter ses dangers. Une centaine de personnes se brûlent gravement chaque année selon des études australiennes et britanniques récentes. Ces accidents domestiques sont pourtant évitables, avec quelques précautions.

  • Remplissez aux deux tiers environ la bouillotte avec de l’eau frémissante et non bouillante. Vérifiez à chaque utilisation la présence de fissure ou de fuite.
  • N’appliquez jamais directement sur la peau la bouillotte. Utilisez toujours une serviette ou une housse conçue à cet effet. La pose ne doit pas durer plus de vingt minutes.
  • Ne dormez pas avec la bouillotte si vous en utilisez une pour réchauffer votre lit. Même avec des bouillottes sèches, des accidents ont été ­rapportés : le contenu peut surchauffer et entrer en combustion. Un risque de court-circuit existe avec les bouillottes électriques.

 

Ne pas utiliser si…

  • Infection. la bouillotte ne doit jamais être appliquée sur une blessure, et encore moins sur une plaie infectée, au risque d’exacerber l’infection.
  • Inflammation. L’usage de chaleur est déconseillé si un gonflement, des rougeurs et une sensation de chaud sont observés.
  • Maladies de peau ou peau sensible. Un risque de brûlure plus important existe.
  • Insuffisance veineuse. Sous l’effet de la chaleur, le retour du sang vers le cœur est plus difficile. Un caillot sanguin risque alors de se former.

 

Choisir son modèle

La bouillotte à eau

En caoutchouc ou en PVC, elle conserve la chaleur entre cinq et neuf heures en fonction de sa taille. L’ajout d’une housse permet de diffuser la chaleur plus longtemps.

La bouillotte sèche

Remplies de noyaux de cerise ou de graines de lin, ces bouillottes souples sont utiles pour soulager les cervicales. Réchauffées au micro-ondes ou au four, elles ­restituent la chaleur durant une vingtaine de minutes. Attention : testées en 2015, ces bouillottes sous forme de peluches se sont avérées dangereuses. Elles sont déconseillées pour les enfants.

La bouillotte électrique

Ce genre de modèle se charge en moins d’un quart d’heure et promet trois heures de chaleur.

Les chaufferettes

Ce sont des petites poches de gel. Il suffit de cliquer sur la pastille en métal se trouvant au milieu : en quelques secondes, le gel se solidifie et diffuse de la chaleur.

Les poches type Physiopack ou Actipoche

Disponibles en pharmacie, ces poches se réchauffent au ­micro-ondes ou dans l’eau bouillante.

Bon à savoir. En France, en dehors du marquage CE, il n’existe pas de norme pour les bouillottes (3). Toutefois, les fabricants doivent respecter la norme anglaise (BS8433:2004) qui exige, notamment, la réalisation de tests de résistance par des laboratoires indépendants.

(1) Journal of Clinical and Diagnostic, 2014.
(2) Obstetrics & Gynecology, 2001.
(3) Question au gouvernement de la députée Valérie Boyer, 01/13. Avis de la Commission de la sécurité des consommateurs relatif aux bouillottes, 01/02.

Anne-Laure Lebrun